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Apports de titres avec soulte : le seuil de 10 % s’apprécie apport par apport
Lorsqu’un dirigeant apporte les titres de sa société à une société holding qu’il contrôle, la plus-value réalisée peut bénéficier d’un report d’imposition (CGI art. 150-0 B ter). Toutefois, si l’opération s’accompagne d’une soulte, c’est-à-dire d’une somme d’argent versée en complément des titres reçus, ce report est exclu lorsque la soulte dépasse 10 % de la valeur nominale des titres reçus. Le Conseil d’État précise comment apprécier cette limite lorsque les titres de plusieurs sociétés sont apportés dans une même opération.
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Aides aux embauches en alternance
Un simulateur de l'Urssaf est à la disposition des employeurs pour calculer la rémunération des alternants
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Passage à l'heure d'été
Remettre les attestations de formation au salarié
Que risque l’employeur s‘il ne remet pas au salarié les attestations de formation qu’il a suivies ?
Obligation de l’employeur. L’employeur a l’obligation d’assurer l’adaptation de ses salariés à leur poste de travail tout au long de l’exécution de leur contrat de travail. Il doit veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l’évolution des emplois, des technologies et des organisations. À cet effet, l’employeur peut leur proposer des actions de formation dans le cadre du plan de développement des compétences (C. trav. art. L 6321-1 et L 6313-1).
Obligation de remise des attestations de formation au salarié. La Cour de cassation a récemment déclaré que l‘employeur a l’obligation de remettre au salarié les attestations de formation qu’il a suivies pour ne pas lui faire perdre une chance d’être recruté (Cass. soc. 13-4-2022 n° 20-21501).
Illustration. Un salarié engagé pour plusieurs missions par une entreprise de travail temporaire a suivi deux formations de perfectionnement aux techniques de soudage. À la fin de son dernier contrat de travail, l’employeur ne lui ayant pas remis ses attestations de formation, à savoir ses certificats de soudure, le salarié a saisi le juge pour obtenir la remise de ces documents professionnels et le paiement de dommages et intérêts par l’employeur pour réparer le préjudice subi du fait de l’absence de cette remise. En appel, les juges ont admis que le salarié a perdu une chance d’être recruté sur certaines offres d’emploi en étant dans l’impossibilité de présenter les documents attestant de ses nouvelles compétences, mais ils ont rejeté sa demande car le salarié n’a pas produit de document leur permettant d’évaluer précisément le préjudice subi du fait de cette perte de chance.
Une indemnisation due par l’employeur. La Cour de cassation a censuré la décision des juges. Elle a déclaré qu’en refusant d’évaluer le préjudice dont elle avait constaté l’existence en son principe, la cour d’appel a violé l’article 4 du Code civil qui stipule que le juge ne peut refuser de statuer sur une demande dont il admet le bien-fondé en son principe, au motif de l’insuffisance des preuves fournies par une partie. L’affaire a donc été renvoyée devant une autre cour d’appel qui devra évaluer le préjudice subi par le salarié résultant de la perte de chance d’être recruté.
Ainsi, un employeur qui ne remet pas au salarié ses attestations de formation lui fait perdre une chance d’être recruté sur certaines offre d’emploi car il ne peut justifier de ses nouvelles qualifications. L’employeur risque donc d’être condamné à lui verser des dommages et intérêts.
Sources : Cass. soc. 13-4-2022, n° 20-21501
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